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Anaplasmoses et ehrlichioses

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2 genres pathogènes :
- Ehrlichia sp.
- Anaplasma sp.

Espèces les plus communément impliquées en pathologie humaine :

  • Ehrlichia chaffeensis
  • Anaplasma phagocytophilum
  • Ehrlichia ewingii

Nouvelle espèce décrite : Neoehrlichia mikurensis

    Classification :
  • Embranchement : Pseudomonadota
  • Classe : Alphaproteobacteria
  • Ordre : Rickettsiales
  • Famille : Anaplasmataceae
    Examen direct (laboratoires spécialisés) :
    • Bactéries intracellulaires strictes des leucocytes : forment des amas bactériens ou morula
    • Colorations : Giemsa, Diff-Quick, Wright
    • Non visibles à la coloration de Gram
    Culture :
        Réservée aux laboratoires spécialisés
    Habitat naturel :
  • Réservoir : mammifères divers +++ (petits rongeurs, cervidés, chiens…), reptiles, oiseaux
  • Vecteurs : tiques
  • Répartition : cosmopolite
    Facteurs de virulence :
    • Parasitisme des cellules hématopoïétiques (polynucléaires et monocytes)
    • Cytotoxicité directe sur les cellules humaines (= cytopénies)
    • Variation antigénique des protéines de surface (échappement au système immunitaire)
    Épidémiologie :
  • Transmission :
    • Zoonoses : transmission par morsure de tique (genres Ixodes pour Anaplasma phagocytophilum ou Amblyomma pour Ehrlichia chaffeensis)
    • Transmission interhumaine périnatale décrite de Anaplasma phagocytophilum

  • Répartition géographique :
    • Ehrlichiose monocytique humaine EMH : Amérique du nord (centre-est des États-Unis), Europe centrale, Scandinavie, Afrique du nord, Asie
    • Ehrlichiose à Ehrlichia ewingii : États-Unis
    • Anaplasmose granulocytique humaine AGH : nord et est des États-Unis, Europe, Asie
    Pathogénicité :
  • Homme : hôte accidentel

  • Infections potentiellement graves chez les patients immunodéprimés

  • Ehrlichiose monocytique humaine EMH (Ehrlichia chaffeensis)
    • Infecte les monocytes circulants
    • Incubation : 1 à 3 semaines
    • Présentation sous forme aiguë majoritaire, rares formes chroniques
    • Syndrome pseudogrippal aigu sévère (2 à 3 semaines environ) : hyperthermie > 38,5°C + symptômes variés (céphalées, arthralgies, myalgies, vomissements, signes cutanés fréquents, diarrhées, vomissements)
    • Complications : syndrome évocateur d'un choc septique ou toxinique, syndrome de détresse respiratoire

  • Anaplasmose granulocytique humaine AGH (Anaplasma phagocytophilum) :
    • Infection des polynucléaires neutrophiles circulants
    • Incubation : 7 à 21 jours
    • Syndrome pseudogrippal aigu sévère (10 jours environ) avec début brutal : hyperthermie > 38,5°C + symptômes variés (céphalées, arthralgies, myalgies, vomissements, signes cutanés rares)
    • Complications : méningites, méningo-encéphalites, neuropathies périphériques, infections opportunistes si neutropénie sévère (candidoses)
    • Diagnostic différentiel : maladie de Lyme, babésiose, encéphalite à tiques

  • Ehrlichiose à Ehrlichia ewingii :
    • Infecte les polynucléaires neutrophiles
    • Phylogénétiquement proche de Ehrlichia chaffeensis
    • Syndrome pseudogrippal +/- associé à une éruption cutanée, des douleurs abdominales, des adénopathies, une hépatomégalie ou une splénomégalie
    Prélèvement :
    • Sang
    • (Liquide céphalorachidien)

    Examen direct et mise en culture (laboratoires spécialisés)
  • Sur cultures cellulaires eucaryotes : culture lente et fastidieuse, identification de l'espèce par biologie moléculaire
  • Pas de culture in vitro possible pour Ehrlichia ewinigii et Neoehrlichia mikurensis
    Perturbations biologiques évocatrices
  • Thrombopénie
  • Leucopénie
  • Élévation des transaminases
    Sérologie :
  • Prélèvement de 2 sérums à deux semaines d'intervalle
  • Méthode la plus sensible mais ne permet qu'un diagnostic tardif
  • Technique : immunofluorescence
  • Cinétique des anticorps :
    • Apparition des IgM et des IgG 2 à 3 semaines après l'infection
    • Maximal atteint en 2 à 3 mois
    • Régression progressive après 3 mois (persistance possible des anticorps)
    Biologie moléculaire :
  • En France : techniques réalisées par le CNR des rickettsioses
  • PCR spécifiques d'espèces
  • Techniques utiles en phase précoce de l'infection
    Résistances naturelles :
    • β-lactamines
    • Cotrimoxazole
    • Macrolides

    Antibiotiques actifs :
    • Fluoroquinolones
    • Rifampicine
    • Doxycycline
    Traitement curatif :
  • Doxycycline (rifampicine chez l'enfant < 20 kg) {HAS 2025}
  • Durée du traitement : 7 jours
    Prophylaxie :
  • Éviter les piqûres de tiques :
    • Port de vêtements couvrants et longs
    • Application d’insecticides cutanés (DEET)
    • Tonte régulière des pelouses
    • Élimination des déchets végétaux

Mise à jour : mai 2026